Je me suis tue
Mathieu Menegaux

Depuis ma lecture de son second roman, je n’avais aucun doute sur le fait que j’allais adorer Je me suis tue de Mathieu Menegaux. Et quel plaisir de vous dire que je ne me suis pas trompée ! Cet auteur vient incontestablement se placer au rang de mes préférés, tant ses récits me fascinent.

Le résumé

Du fond de sa cellule de la maison d’arrêt des femmes à Fresnes, Claire nous livre l’enchaînement des faits qui l’ont conduite en prison : l’histoire d’une femme victime d’un crime odieux. Elle a choisi de porter seule ce fardeau. Les conséquences de cette décision vont se révéler dramatiques. Enfermée dans sa solitude, Claire va commettre l’irréparable. Le mutisme sera sa seule ligne de défense, et personne, ni son mari, ni ses proches, ni la justice ne saisira ses motivations.

Mon avis

Je connais désormais l’écriture de Mathieu Menegaux, puisque j’ai lu son deuxième roman en février. Un roman qui fut une énorme claque, et je savais pertinemment qu’il en serait de même avec Je me suis tue. C’est un auteur dont l’écriture incisive est de notoriété publique. Avant même d’ouvrir ce roman, je savais que je n’en ressortirai pas indemne, que l’histoire allait me percuter, que l’écriture allait me bousculer, que j’allais tout simplement sortir de ma zone de confort, et j’adore cette sensation.

Mathieu Menegaux écrit comme on donne un coup de poing. C’est un auteur direct, qui va droit au but, dont les mots sont des gifles. Ce sont des romans qui percutent le lecteur, et croyez-moi, ça a vraiment du bon d’être percuté comme ça.
Dès le début du roman, mon estomac s’est serré et la pression ne s’est relâchée qu’au moment où j’ai terminé les dernières lignes. Cette impression nauséeuse était déjà présente lors de ma lecture d’Un fils parfait, et je savais que je la retrouverai avec Je me suis tue. Etrangement, je l’attendais. C’est ce qui définit à mes yeux l’écriture de l’auteur.

Difficile de vous parler de Je me suis tue sans vous expliquer ce sur quoi tout se base. Je n’ai pas été très surprise en lisant ce roman, car j’ai vite compris où l’auteur allait en venir. Pas de surprise ni de grosse révélation dans l’intrigue, j’étais dès le début convaincue de ce qui allait se produire, et mon intuition ne m’a pas trompée. Mais pourtant, je n’aurais pas voulu que le roman se déroule autrement.

L’histoire est inconfortable, elle met mal à l’aise. L’auteur a cette faculté de mettre des mots sur l’indicible, sur l’horreur la plus profonde. Et Mathieu Menegaux a cet incroyable talent de réussir à renverser notre opinion. Il prend des figures féminines fortes que tout le monde condamne et parvient à faire en sorte que le lecteur les comprenne, et compatisse même à leur sort. Incroyable, non ?
L’histoire de Claire restera longtemps gravée dans ma mémoire. Et pour cause, c’est une histoire qui marque, qui laisse une trace indélébile. Je n’ai d’autres mots pour vous dire à quel point c’est un destin dont l’on se souvient.

En conclusion

Mathieu Menegaux confirme encore une fois son talent pour des histoires incroyablement percutantes qui marque les esprits. Ses romans ne sont jamais faciles, les sujets toujours lourds et incroyablement traités. Ce sont des claques que je me prends à chaque fois, et j’ai beau m’y être préparée, je n’en ressors jamais indemne. Merci Mathieu d’écrire ainsi, d’écrire ces histoires, d’écrire tout court. Je continuerai à vous suivre avec grand intérêt !

La Parisienne

Du même auteur :
Un fils parfait

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