Est-ce ainsi que les hommes jugent ?
Mathieu Menegaux

Récemment, Mathieu Menegaux s’est inscrit dans ma liste d’auteurs à suivre attentivement, grâce à ses deux premiers romans que j’ai lus d’une traite. Je sais que je serai au rendez-vous pour ses prochains ouvrages, et bien évidemment ce troisième en est la preuve. Un grand merci à Mathieu et aux éditions Grasset pour cette lecture.

Le résumé

Une journée particulière. Gustavo, père de famille, directeur financier, doit effectuer une présentation importante devant l’état-major de sa multinationale. Des mois de préparation, un tournant pour sa carrière. Au lieu de l’heure de gloire espérée, la police faire irruption à son domicile, à l’aube. Perquisition, accusation d’homicide volontaire, indices concordants, Gustavo va être placé en garde à vue et traité sans ménagement. Heures sombres, qui vont déstabiliser un cadre supérieur sans histoires et le conduire à redouter le pire pour son avenir. Son épouse Sophie va mobiliser son réseau et son énergie pour démontrer l’innocence de son mari et préserver leurs deux garçons des conséquences dévastatrices de cette mise en cause. Mais comment rétablir la balance de la justice dans un univers gouverné par l’émotion et la recherche immédiate d’un coupable ?

Mon avis

Je suis désormais habituée à la plume de Mathieu Menegaux, et à chaque fois que j’ouvre un de ses romans, je me demande quelle claque il va encore me servir. Il faut dire que ses deux premiers romans étaient vraiment très forts, le genre de livres qu’on ne recommande pas à tout le monde et qu’on referme avec la boule au ventre. Ce petit troisième semblait dans la même lignée que les précédents, est-ce vraiment le cas ?
Eh bien, un peu moins je dois dire. Alors oui, bien sûr, il y a toujours un sujet percutant au début de notre lecture. Mais j’ai été moins saisie, moins renversée par la suite des événements. 

Dans Est-ce ainsi que les hommes jugent ?, Mathieu Menegaux nous questionne. Comment fonctionne la justice française ? Quel est le rôle des médias dans ce tribunal public ? Et que dire du danger des réseaux sociaux ? Ne sombre-t-on pas parfois dans l’injustice, ne sommes-nous pas manipulés ? En bref, nous voilà au coeur d’une enquête, immergés dans le système judiciaire français.

Comme les deux romans précédents de l’auteur, les événements vont en s’amplifiant, dans un crescendo émotionnel à suspense qui ne nous permet pas de relâcher le livre tant que notre lecture n’est pas terminée. Je voulais connaître la suite, j’avais envie de savoir ce qui arriverait à Gustavo et à sa famille, ce qu’il adviendrait de Claire et de Defils.
Pas de grosse révélation dans ce roman, pas de retournement de situation fort. La « surprise » finale ne m’a pas réellement étonnée, je m’y attendais.

Néanmoins, c’est un roman qui permet de nous interroger, de nous poser les bonnes questions. La frontière entre culpabilité et innocence est si mince, le travail des juges est si complexe. Comment peut-on être sûrs d’envoyer un coupable en prison lorsqu’il revendique son innocence ?
Plus que tout, c’est cette image du public incriminant un homme innocent qui m’a marquée. Cette forme de harcèlement facile derrière un écran m’a malheureusement paru très réaliste.

En conclusion

Encore une fois, Mathieu Menegaux a réussi à m’emporter avec son troisième roman, un peu différent de ses deux premiers. Cette fois, pas de grosse surprise, d’énorme révélation ou de pages tournées avec la boule au ventre, mais un sujet de société qui porte à réflexion sur les hommes qui font la justice dans notre pays, ainsi que le rôle des médias et des réseaux sociaux dans notre système judiciaire. Ma préférence reste aux deux premiers (et particulièrement Je me suis tue), mais c’est tout de même une lecture que j’ai appréciée.

La Parisienne

Du même auteur :
Je me suis tue
Un fils parfait

Publicités