Le Silence d’après
Cath Staincliffe

La ligne éditoriale de la collection Stéphane Marsan m’appelle, je ne vous le cache pas. Sous chacun de ces romans se cache un sujet de société très fort, et ce sont des romans que j’ai absolument tous envie de lire. Merci donc à ma chère Stéphanie pour cette lecture qui m’a chamboulée.

Le résumé

Les passagers qui embarquent dans le train de 10 h 35 reliant Manchester à Londres ont tous une bonne raison d’espérer des lendemains meilleurs. Jeff se rend à un entretien d’embauche après des mois de chômage, Holly s’offre un peu de répit, Nick se rend à un mariage avec toute sa famille, Meg et sa compagne partent en randonnée, Caroline tente de se soustraire à sa vie compliquée, et Rhona espère rentrer le soir même pour retrouver sa fille. Huit solitudes se côtoient à bord de ce train. Et parmi elles, celle de Saheel, qui peine à trouver sa place dans une société dans laquelle il ne se reconnaît plus. Avec son sac bourré d’explosifs, Saheel n’attend plus rien de l’avenir, il attend le terminus.

Mon avis

Je m’attendais à une claque avec ce roman. Laissez-moi vous dire que je n’ai pas été déçue. Le Silence d’après fait partie de ces livres qui vous happent dès les premières pages, de ces livres que vous reposez à regret parce que vous êtes contraint de l’abandonner quelques heures et que vous reprenez avec plaisir, de ces livres auxquels vous continuez de penser alors même que vous êtes occupés à faire autre chose. Voilà le genre de lecture qui vous attend avec Le Silence d’après, alors soyez prêts à lui consacrer votre temps, car il en vaut vraiment la peine.

Vous allez plonger au coeur d’un roman chorale. Mais d’un roman chorale éprouvant. Au début, neuf narrateurs vont se partager la parole. À l’arrivée, ils ne seront plus que quatre.
Le sujet n’est pas simple : il s’agit de terrorisme, d’attentats, de faits d’actualité encore frais à nos esprits et qui continuent malheureusement à nous percuter de plein fouet. Ce livre est d’autant plus frappant que l’on peut se retrouver dans les personnages, il y en a forcément un qui nous est familier. Rien de moins banal que cette scène qui prend place dans un train, ça nous est tous déjà arrivés. J’étais d’ailleurs moi-même dans le train lorsque j’ai commencé cette lecture. Et au fur et à mesure, l’horreur prend place.

J’ai été très secouée par ce récit qui m’a confrontée à une réalité qui ne devrait pas exister. Il est un peu venu compléter ma lecture de Je vous sauverai tous, ce roman sur l’embrigadement qui donne la parole à Éléa. Ici, il s’appelle Sahel. Et tout comme dans Je vous sauverai tous, on entend également la voix de sa famille qui se dessine.

Le maître mot de ce récit est l’horreur. L’incompréhension. L’absurdité. Il est tout bonnement impossible de rester insensible à une telle histoire qui fait écho aux tragédies de notre siècle. J’ai aimé cette plongée dans l’indicible, aussi écoeurant que cela puisse sembler. J’ai ressenti tellement d’émotions, allant de l’injustice à l’empathie la plus profonde. Un roman à lire absolument.

En conclusion

Si vous ne connaissez pas (encore) la collection Stéphane Marsan, je ne peux que vous encourager à la découvrir car ce sont des lectures qui laissent leur marque. Le Silence d’après en est une preuve : c’est une lecture éprouvante que l’on a pourtant énormément de mal à lâcher. Et même après l’avoir terminée, elle continue à nous faire cogiter… Un roman dans lequel le lecteur se retrouve avec un rôle pleinement actif : il continue à y réfléchir même après l’avoir terminé. À lire absolument !

La Parisienne

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